Avertissements liminaires au lecteur
Sur ce que nous savons et ce que nous ne savons pas
Avant d'entrer dans le vif, il faut poser une règle d'honnêteté qui gouverne tout l'article. Cette règle est simple : jen'affirme que ce qui est documenté, et je signalerai clairement à chaque fois où je quitte le terrain du factuel pour entrer celui de l'hypothèse.
Cette règle s'impose en particulier pour tout ce qui touche aux origines de l'écriture. Il est d'usage, dans les manuels comme dans la presse de vulgarisation, de lire que « l'écriture est née en Mésopotamie vers -3300 ». Cette formulation, en toute rigueur, est inexacte.
La formulation correcte est : « les plus anciennes traces d'écriture connues à ce jour ont été trouvées en Mésopotamie, dans des couches archéologiques datées d'environ -3300 ».
La différence n'est pas une coquetterie sceptique. Elle est essentielle. Aucun archéologue n'a fouillé la planète entière. Les fouilles se concentrent là où l'on suppose qu'il y a quelque chose à trouver — sur les tells visibles, dans les régions politiquement accessibles, avec les moyens financiers et humains dont la discipline dispose. Les sources allemandes ayant fouillé Uruk le reconnaissent elles-mêmes : « Le site a été trop peu fouillé pour apporter des réponses définitives à ces questions. » Et il s'agit d'un seul site, l'un des plus étudiés au monde.
Donc : ce que les archéologues affirment est borné par leur méthode. Ils peuvent dire ce qu'ils ont trouvé. Ils ne peuvent pas dire ce qui n'a pas encore été cherché ailleurs. Cette distinction sera maintenue dans tout l'article.
Au-delà de ce que les archéologues affirment trouver, je ne peux rien dire avec certitude. Nous n'étions pas en Mésopotamie en -3300, ni eux, ni moi. Nous n'étions pas davantage avant, ni eux, ni moi. Le reste — la préhistoire, le Paléolithique, la nature humaine originelle — relève de (...) à chacun son savoir. Nous nous abstiendrons donc d'y aller, sauf à signaler clairement qu'il s'agit d'une hypothèse parmi d'autres possibles.
The opening ends here.
You have just read the part that poses the problem. That is deliberately where open access stops. The corpus is a personal research project carried on since 1998, and the question has always interested me more than the conclusion.
Want to publish your own articles?
Join the Digital Synapse Exchange community and share your research.