Avant même de discuter de ce sujet et de faire part de mes observations — car je me veux simplement observateur et non partie prenante —, il convient de circonscrire les notions de laïcité et de religion.

Le laïc — du latin ecclésiastique laicus, du grec laikos, « du peuple » — désigne selon le Larousse « celui qui n'appartient pas au clergé » (sens 1) et, par extension, « ce qui est relatif à la laïcité ; ce qui en est partisan » (sens 2). En définitive, le laïc renvoie à tout ce qui concerne la vie civile, par opposition à la vie religieuse.

La religion, quant à elle, est selon le Larousse : « l'ensemble déterminé de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'homme avec le sacré » (sens 1) ; « l'ensemble de pratiques et de rites spécifiques propres à chacune de ces croyances » (sens 2) ; enfin « l'adhésion à une doctrine religieuse ; la foi » (sens 3). En définitive : toute organisation ou activité pour lesquelles on éprouve un sentiment de respect ou de devoir à accomplir.

Nota bene — Il est frappant de constater que les définitions du Larousse, aussi bien pour le laïc que pour le religieux, ne font nullement mention de la notion de croyance en tant que telle. Or la croyance est précisément ce que les deux partagent, et c'est là l'essentiel. Tout État laïc fonde sa légitimité, entre autres, sur l'état de la science moderne. Mais tout scientifique rigoureux formulera ses conclusions ainsi : « en l'état actuel de nos connaissances ». C'est donc bien une croyance à un instant T — provisoire, révisable, susceptible d'être renversée. Comme la religion. On pensait autrefois que la Terre était plate, puis qu'elle était le centre de l'univers ; ces certitudes étaient alors des faits établis. Que saura-t-on dans cinq cents ans de ce que nous tenons aujourd'hui pour acquis ? La croyance — scientifique ou religieuse — n'est jamais que l'état du savoir humain à un moment donné. En ce sens, laïcs et religieux partagent, sans toujours le reconnaître, la même condition fondamentale.

I. Des systèmes de pensée avant toute chose : différents, oui, mais…

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You have just read the part that poses the problem. That is deliberately where open access stops. The corpus is a personal research project carried on since 1998, and the question has always interested me more than the conclusion.

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