Introduction

Pourquoi écrire sur l'histoire ? La réponse est immédiate, presque brutale : les guerres. Elles sont historiques, oui. Mais qu'est-ce que cela signifie exactement ? Que les peuples répètent ce que leurs ancêtres ont fait — et qu'ils le savent. C'est là que la question commence.

Le Robert donne de l'histoire deux définitions distinctes. La première : connaissance et récit des événements du passé jugés dignes de mémoire, les faits ainsi relatés. La seconde : étude scientifique d'une évolution. Ces deux définitions ne s'équivalent pas. La première appartient au récit, à la transmission orale, à la chaîne des générations. La seconde appartient à la méthode, à l'analyse, à la distanciation.

C'est précisément dans cet écart que se loge la question centrale de cet article. Si l'histoire est une matière comme une autre, elle transcende pourtant les personnes et les choses : au fond, l'histoire c'est soit l'histoire des peuples, soit l'histoire des objets et des techniques. Et là réside une différence capitale — les choses ne se racontent pas entre elles. Les personnes, si. Et c'est dans ce récit que naît le problème.

La thèse défendue ici n'est pas nihiliste. Elle ne propose pas d'effacer l'histoire. Elle propose de distinguer deux usages radicalement différents du passé : l'un qui nourrit, l'autre qui enchaîne. Et de choisir.




Titre I — L'histoire : entre sédiment et charge

L'ouverture s'arrête ici.

Vous venez de lire la partie qui pose le problème. C'est délibérément là que s'arrête l'accès libre. Le corpus est un travail de recherche personnel poursuivi depuis 1998, et la question m'a toujours intéressé davantage que la conclusion.

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