Le droit personnel occupe depuis deux siècles une place centrale dans la classification des droits subjectifs. Pourtant, soumis à une analyse rigoureuse, cette catégorie révèle son caractère fictif : elle ne porte sur aucun objet identifiable, repose sur une erreur historique d'interprétation du droit romain, et n'a d'autre fondement que le besoin doctrinal d'organiser des rentes à partir de supports matériels que l'on refuse d'appeler par leur nom. La présente contribution propose d'en démontrer la non-existence constitutive et d'en tirer les conséquences pour une théorie moderne du patrimoine fondée sur un principe cardinal : il n'existe que des droits, et tout droit est réel.