Dans tous les pays étudiés — France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Autriche, Pologne, Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Finlande, États-Unis — le même mécanisme s'est reproduit à l'identique sur vingt-cinq ans : le revenu disponible du consommateur a stagné, les marges nettes des entreprises dominantes ont doublé, et les États ont accumulé des déficits records. Ce n'est pas une coïncidence. C'est une architecture.
I. Le marché libéralisé : une fiction juridique
1.1 La libéralisation comme acte politique, non économique
Entre 1984 et 2010, la quasi-totalité des grands marchés d'infrastructure — télécommunications, énergie, transport — ont été formellement ouverts à la concurrence dans les pays de l'Union européenne et aux États-Unis. Les directives européennes sur les télécommunications [1] (1990, 1997, 2002), le paquet énergie [2] (2003, 2009), la libéralisation du fret ferroviaire [3] ont successivement imposé l'ouverture des marchés. La rhétorique était celle de la concurrence, de la baisse des prix et du bénéfice pour le consommateur.
La réalité a été structurellement différente. Dans chaque cas, l'incumbent — l'opérateur historique issu du monopole public — a conservé la propriété ou le contrôle de l'infrastructure physique : le réseau cuivre ou fibre, le réseau de transport d'électricité, les voies ferrées. L'entrant devait louer l'accès à l'infrastructure de son concurrent direct. Ce modèle, dit du dégroupage, a produit une concurrence de façade : les conditions d'accès étaient fixées par celui qui avait intérêt à les rendre dissuasives.[4]
1.2 L'absence de nouvel entrant d'infrastructure depuis 20 ans
Sur l'ensemble des marchés analysés — seize pays, huit secteurs — la dernière rupture concurrentielle réelle date en moyenne d'avant 2012. Free Mobile en France (2012) [5], T-Mobile US en 2013 [6], Play en Pologne (2007), Digi en Roumanie (2005) : ces quatre exemples épuisent quasiment la liste des entrants d'infrastructure ayant modifié durablement la structure d'un marché au cours des vingt-cinq dernières années.
Depuis 2015, aucun entrant d'infrastructure n'a émergé sur aucun des marchés étudiés. Les mouvements observés ont tous été des consolidations : rachats, fusions, absorptions. Le nombre d'acteurs a diminué dans chaque secteur de chaque pays. C'est la définition arithmétique d'un oligopole en voie de fermeture.[7]
II. Le triangle de la captation : consommateur, entreprise, État
2.1 Le consommateur : stagnation réelle
Le revenu disponible réel des ménages — indicateur mesurant ce que le consommateur peut effectivement dépenser après impôts, transferts et inflation — a progressé de 18% en France entre 2000 et 2024, soit moins de 0,7% par an. [8] En Italie, il a reculé de 4% sur la même période, faisant de ce pays le seul grand pays développé dont le consommateur est objectivement plus pauvre qu'en 2000. [9] En Grèce, la destruction a atteint 23% entre 2000 et 2024, avec un pic de −40% en 2013.[10]
Dans les pays où la libéralisation a été la plus réelle — Pays-Bas (+30%), Finlande (+28%), Allemagne (+31%), Pologne (+133%), Roumanie (+178%) — la progression du revenu disponible est systématiquement supérieure. [11] La corrélation n'est pas accidentelle : dans ces marchés, la concurrence effective a contenu les prix des services de base, laissant au consommateur une part plus importante de son revenu nominal.
2.2 Les entreprises dominantes : marges doublées
Sur la même période, les marges nettes des incumbents des secteurs libéralisés ont suivi une trajectoire inverse. Orange SA affiche une marge nette passée de ~4% à ~8% entre 2000 et 2024. [12] Comcast aux États-Unis est passé de ~6% à ~14%. [13] Iberdrola de ~4% à ~11%. [14] Le S&P 500 dans son ensemble a vu ses marges agrégées doubler en vingt-cinq ans, de 6% à 12%.[15]
Ce doublement des marges ne s'explique pas par une innovation technologique ou une amélioration des services. Il s'explique par la rente de position : l'incumbent contrôle l'infrastructure, fixe les conditions d'accès, optimise fiscalement via les juridictions à faible imposition [16], et distribue le surplus à ses actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'actions. La libéralisation a transféré une rente publique vers des actionnaires privés sans la supprimer.
2.3 L'État : complice actif, non amortisseur passif
La lecture habituelle présente l'État comme l'amortisseur du système — celui qui compense l'appauvrissement relatif du consommateur par des dépenses sociales. Cette lecture est insuffisante. Elle omet que c'est le même État qui a construit l'architecture de la captation en privatisant les infrastructures, en accordant les licences exclusives, en fixant les conditions du dégroupage et en tolérant l'optimisation fiscale des bénéficiaires.
La France n'a pas connu d'excédent budgétaire depuis 1974 — soit 51 années consécutives de déficit. [17] L'Italie porte une dette de 137% du PIB. [18] Les États-Unis consacrent désormais plus de 1 000 milliards de dollars par an au seul service de leur dette, dépassant le budget de la défense depuis 2023. [19] Ces déficits ont été financés non par une fiscalité sur les marges excédentaires des oligopoles, mais par de la dette souveraine — dont la charge pèse sur les générations futures.
Le discours politique dominant dans chaque pays étudié désigne les dépenses de retraites et de protection sociale comme la cause principale des déficits. [20] Les données contredisent cette narrative : sur la période 2000–2024, la part des dépenses sociales dans le PIB a progressé modérément dans la plupart des pays, tandis que les recettes fiscales effectives sur les grandes entreprises ont diminué sous l'effet de l'optimisation fiscale et des baisses de taux d'imposition sur les sociétés.[21]
III. La démonstration par les chiffres
3.1 Le système fermé
Les trois grandeurs — revenu disponible du consommateur, marge nette des entreprises dominantes, solde public — forment un système comptable fermé à l'échelle de chaque économie nationale. Ce que l'une capte, les deux autres le perdent. Sur vingt-cinq ans, dans chacun des seize pays étudiés, le solde net du système a bénéficié à une seule des trois composantes : les entreprises dominantes des secteurs oligopolistiques.
Ce constat ne repose pas sur une théorie. Il repose sur les comptes nationaux publiés par Eurostat [22], le FMI [23], le Bureau of Economic Analysis américain [24], et les rapports annuels des sociétés concernées. Les chiffres sont disponibles, publics, et cohérents entre eux.
3.2 Le cas américain comme révélateur
Les États-Unis sont le cas le plus instructif parce qu'ils cumulent les deux extrêmes : les ruptures concurrentielles les plus radicales du monde (Walmart, Amazon, Netflix, Uber, Southwest Airlines) [25] et simultanément les marchés d'infrastructure les plus monopolistiques du monde développé (câble, internet fixe, santé). [26]
Le revenu moyen américain a progressé de 2000 à 2024. Mais le revenu médian a stagné de 2000 à 2016. [27] L'écart entre les deux mesures révèle que les gains de la période ont été captés par les déciles supérieurs — précisément les actionnaires des sociétés dont les marges doublaient. La concurrence productive dans les marchés nouveaux n'a pas compensé la rente dans les marchés d'infrastructure.
3.3 Les exceptions qui confirment la règle
Deux pays font exception à la stagnation du consommateur : la Pologne et la Roumanie, avec des progressions de revenu disponible réel de +133% et +178% respectivement. [28] Ces deux pays partagent une caractéristique : ils ont connu des entrants d'infrastructure crédibles — Play en Pologne, Digi en Roumanie — qui ont construit leurs propres réseaux plutôt que de louer ceux de l'incumbent. [29] La concurrence d'infrastructure, et non la concurrence de service, est le déterminant de la progression du pouvoir d'achat.
IV. Le quatrième acteur oublié : le travailleur
4.1 Brut contre net — la fiction du salaire affiché
L'analyse du triangle consommateur / entreprise / État serait incomplète sans le quatrième acteur que ces trois composantes ont en commun comme base de prélèvement : le travailleur. Or la comparaison internationale des salaires souffre d'un biais systématique : elle porte presque toujours sur le salaire brut, qui est la somme que l'entreprise déclare payer — non ce que le travailleur reçoit réellement. Le salaire net en poche, après cotisations salariales et impôt sur le revenu prélevé à la source, est le seul indicateur économiquement pertinent pour mesurer la situation réelle du travailleur.[30]
Les écarts entre brut et net sont considérables et varient fortement selon les pays. En Belgique, le taux de prélèvement effectif au salaire médian atteint 40%, ramenant un brut de ~3 400 € à un net de ~2 040 €. [31] En Roumanie, les cotisations salariales représentent à elles seules 35% du brut, pour un pays dont le salaire médian brut ne dépasse pas 845 €. [32] À l'inverse, la Bulgarie applique une flat tax de 10% avec des cotisations basses, produisant un net proche du brut — mais sur une base nominale qui reste la plus faible de l'Union européenne.
4.2 L'évolution du net réel sur vingt-cinq ans
Corrigée de l'inflation, l'évolution du salaire net réel en poche confirme et amplifie les tendances observées sur le revenu disponible des ménages. En Italie, le salaire net réel médian est inférieur en 2024 à ce qu'il était en 2000 : recul estimé à −10% en termes de pouvoir d'achat réel. [33] L'Italie est le seul grand pays développé où le travailleur est objectivement moins bien rémunéré en termes réels qu'un quart de siècle plus tôt — dans le même temps où les marges d'ENI progressaient de 75% et où la dette publique atteignait 137% du PIB.
En Grèce, la destruction est plus brutale encore : les baisses de salaire imposées par la troïka en 2012 ont réduit le salaire minimum de 22% en un seul exercice. [34] Le salaire net médian grec en 2024 (~850 €) est pratiquement confondu avec le salaire minimum légal — la distribution salariale s'est aplatie vers le bas au point que la notion même de salaire médian perd sa signification statistique.
En France, la progression nominale du SMIC (+77% de 2000 à 2024) masque une réalité plus nuancée : la part des salariés rémunérés au SMIC est passée de 11% en 2000 à 17% en 2024, [35] ce qui signifie qu'une proportion croissante de travailleurs est captive du plancher légal, sans progression de carrière réelle. Le net en poche médian français progresse de ~12% en termes réels sur vingt-cinq ans — soit moins de 0,5% par an.
4.3 Le facteur invisible américain
La comparaison internationale du net salarial américain souffre d'un angle mort systématique : l'absence d'assurance santé universelle. Le coût moyen d'une prime santé familiale atteignait 24 000 $ annuels en 2024, dont environ 6 000 $ à la charge directe du salarié [36] — soit 500 $ mensuels à déduire du net en poche pour obtenir le revenu réellement disponible à d'autres usages.
Une fois cette correction appliquée, le net salarial médian américain disponible après santé devient inférieur au net français pour la moitié de la population — alors que les comparaisons standard présentent invariablement le salarié américain comme mieux rémunéré que son homologue européen. La différence n'est pas de salaire : elle est de ce que le salaire doit couvrir.
4.4 Le travailleur comme variable d'ajustement
La lecture consolidée des quatre acteurs — travailleur, consommateur, entreprise, État — révèle une cohérence structurelle que les analyses sectorielles dissimulent. Dans les marchés où les marges des entreprises dominantes ont le plus progressé, la part du salaire dans la valeur ajoutée a le plus reculé. [37] Ce phénomène, documenté par la littérature économique sous le terme de « déclin de la part du travail » (labour share decline), est directement corrélé à la concentration des marchés de produits et de services. [38]
Le travailleur occupe ainsi une position symétrique à celle du consommateur : les deux fonctions économiques — vendre sa force de travail, acheter des biens et services — sont exercées par la même personne physique, exposée au même mécanisme de captation par deux voies simultanées. Ce que l'oligopole lui retire comme consommateur sur le prix des services de base, il le lui retire également comme travailleur sur la part du revenu qu'il capte dans la valeur qu'il produit.
V. La conclusion structurelle
Ce n'est pas un échec de marché. C'est le résultat d'une politique. La distinction est fondamentale : un échec se corrige par ajustement. Une politique se reconduit — et elle se reconduit depuis cinquante ans, dans tous les pays analysés, indépendamment de la couleur politique des gouvernements.
L'État a construit les oligopoles par les privatisations et les attributions de licences. Il les a maintenus par l'inaction réglementaire et la tolérance de l'optimisation fiscale. Il a financé le manque à gagner fiscal par de la dette souveraine. Il présente la facture à ceux qui ont le moins bénéficié du système.
Le système à quatre acteurs — dont deux ne sont que les faces d'une même personne — n'est pas un équilibre instable que des forces exogènes auraient perturbé. C'est une architecture délibérée, dont les pièces s'emboîtent avec une précision qui exclut le hasard. Le citoyen est compté deux fois comme victime du mécanisme : une première fois comme travailleur, sur la part du revenu qu'il capte dans la valeur qu'il produit ; une seconde fois comme consommateur, sur le prix des services de base qu'il ne peut pas ne pas acheter. Il n'est compté qu'une seule fois comme acteur — et encore, à titre de variable d'ajustement.
Les données sont publiques. Les mécanismes sont documentés. Le résultat est mesurable. Ce qui reste à nommer, chaque lecteur peut le faire lui-même.
Auteur
Miguel Vidal Bravo-Jandia
Ingénieur — Master II Droit, UFR Montpellier I / Maîtrise ès droit, Université Paris II Panthéon-Assas
Notes et références
[1] Commission européenne, « Directives télécommunications 1990–2002 », https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32002L0021 — Directive-cadre 2002/21/CE, refonte du cadre réglementaire des télécommunications
[2] Commission européenne, « Troisième paquet énergie », https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32009L0072 — Directive 2009/72/CE concernant les règles communes pour le marché intérieur de l'électricité
[3] Commission européenne, « Premier paquet ferroviaire », https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32012L0034 — Directive 2012/34/UE établissant un espace ferroviaire unique européen
[4] ARCEP, « Rapport annuel sur l'état du dégroupage en France », https://www.arcep.fr/la-regulation/grands-dossiers-reseaux-fixes/le-degroupage.html — Statistiques trimestrielles publiées depuis 2003
[5] ARCEP, « Observatoire du marché des communications électroniques — mobile », https://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/obs-marches-T1-2012.pdf — Impact de l'entrée de Free Mobile sur les prix et les parts de marché, T1 2012
[6] T-Mobile US, « Un-carrier strategy — investor presentation », https://investor.t-mobile.com/ — Stratégie lancée en mars 2013 par John Legere, PDG de T-Mobile US
[7] OCDE, « Competition and Market Concentration in Telecom Markets », https://www.oecd.org/sti/broadband/oecdbroadbandportal.htm — Données sur la concentration des marchés télécoms 2000–2024
[8] Eurostat, « Revenu disponible réel des ménages — France », https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/tec00113/default/table?lang=fr — Indicateur tec00113 — revenu disponible brut ajusté réel des ménages
[9] Eurostat, « Revenu disponible réel des ménages — Italie », https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/tec00113/default/table?lang=fr — Seul grand pays de l'UE avec un revenu disponible réel inférieur à celui de 2000
[10] Banque de Grèce, « Rapport annuel 2015 — impact de la crise sur les ménages », https://www.bankofgreece.gr/en/main-tasks/monetary-policy/annual-reports — Destruction du revenu disponible réel : −40% au pic 2013 par rapport à 2008
[11] OCDE, « Household disposable income — comparative data », https://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=IDD — Base de données OCDE sur la distribution des revenus et les conditions de vie
[12] Orange SA, « Rapports annuels 2000–2024 », https://www.orange.com/fr/groupe/finance/rapports-annuels — Évolution de la marge nette consolidée du groupe Orange sur 25 ans
[13] Comcast Corporation, « Annual Reports 2000–2024 », https://www.cmcsa.com/financial-information/annual-reports — Marge nette passée de ~6% à ~14% sur la période
[14] Iberdrola, « Informes anuales 2000–2024 », https://www.iberdrola.com/accionistas-e-inversores/informacion-economico-financiera/informes-anuales — Marge nette en progression constante, portée par les énergies renouvelables
[15] NYU Stern — Aswath Damodaran, « Margins by sector — US data 1998–2024 », https://pages.stern.nyu.edu/~adamodar/New_Home_Page/datafile/margin.html — Base de référence académique sur les marges sectorielles, mise à jour annuelle
[16] Tax Justice Network, « Corporate Tax Haven Index 2023 », https://taxjustice.net/reports/corporate-tax-haven-index-2023/ — Luxembourg, Pays-Bas, Irlande : principaux centres d'optimisation fiscale des multinationales européennes
[17] Cour des comptes France, « Rapport sur les finances publiques 2024 », https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-finances-publiques-locales-2024 — La France n'a pas enregistré d'excédent budgétaire depuis l'exercice 1974
[18] FMI, « World Economic Outlook Database — April 2024 », https://www.imf.org/en/Publications/WEO/weo-database/2024/April — Dette publique italienne : 137% du PIB en 2024
[19] Congressional Budget Office, « The Budget and Economic Outlook 2024–2034 », https://www.cbo.gov/publication/59946 — Charge d'intérêts fédérale américaine dépassant 1 000 milliards $ annuels dès 2024
[20] FMI, « Fiscal Monitor — Octobre 2023 », https://www.imf.org/en/Publications/FM/Issues/2023/10/10/fiscal-monitor-october-2023 — Analyse de la composition des dépenses publiques dans les économies avancées
[21] OCDE, « Revenue Statistics 2023 — Tax revenue trends », https://www.oecd.org/tax/revenue-statistics-2522770x.htm — Évolution des taux effectifs d'imposition sur les sociétés 2000–2023
[22] Eurostat, « National accounts — main aggregates », https://ec.europa.eu/eurostat/web/national-accounts/data/database — Comptes nationaux : production, revenu, dépenses des ménages et des administrations publiques
[23] FMI, « World Economic Outlook Database », https://www.imf.org/en/Publications/WEO/weo-database/2024/April — Soldes budgétaires, dettes publiques et croissance — ensemble des pays étudiés
[24] Bureau of Economic Analysis (BEA), « National Income and Product Accounts », https://www.bea.gov/data/income-saving/disposable-personal-income — Revenu personnel disponible réel — États-Unis 1990–2024
[25] The Economist, « Platform economics and winner-take-all markets », https://www.economist.com/ — Analyse de la dynamique concurrentielle des plateformes numériques américaines
[26] FCC — Federal Communications Commission, « Broadband Deployment Report 2024 », https://www.fcc.gov/reports-research/reports/broadband-progress-reports — Concentration du marché internet fixe américain : 40% des foyers avec un seul fournisseur disponible
[27] US Census Bureau, « Income and Poverty in the United States 2023 », https://www.census.gov/library/publications/2024/demo/p60-282.html — Revenu médian des ménages : stagnation 2000–2016, reprise partielle 2017–2019, choc 2020
[28] Banque mondiale, « World Development Indicators — household consumption », https://databank.worldbank.org/source/world-development-indicators — Pologne et Roumanie : rattrapage du revenu disponible 2004–2024
[29] ANCOM (Roumanie) / UKE (Pologne), « Rapports annuels de régulation », https://www.ancom.ro/en/ et https://www.uke.gov.pl/en/ — Digi/RCS&RDS et Play : seuls entrants d'infrastructure crédibles en Europe de l'Est post-2005
[30] OCDE, « Taxing Wages 2024 — comparative tax burden on labour », https://www.oecd.org/tax/taxing-wages-20725124.htm — Taux effectifs de prélèvement sur le travail pour un salarié célibataire au salaire médian, 38 pays
[31] Eurostat, « Structure of Earnings Survey 2022 », https://ec.europa.eu/eurostat/web/microdata/structure-of-earnings-survey — Salaires médians bruts et nets par pays, secteur et qualification
[32] ANAF / Ministerul Muncii (Roumanie), « Statistici salariale 2024 », https://www.mmuncii.ro/j33/index.php/ro/munca/relatii-de-munca — Cotisations salariales roumaines : 25% CAS + 10% CASS = 35% du brut à la charge du salarié
[33] Istat (Italie), « Redditi e condizioni di vita 2023 », https://www.istat.it/it/archivio/redditi+e+condizioni+di+vita — Évolution du revenu salarial réel médian en Italie 2000–2023
[34] Banque de Grèce, « Annual Report 2012 — impact des mesures d'ajustement », https://www.bankofgreece.gr/en/main-tasks/monetary-policy/annual-reports — Baisse du salaire minimum de 22% (32% pour les moins de 25 ans) imposée par le mémorandum de février 2012
[35] DARES (France), « Les salariés au SMIC en 2024 », https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publications/les-salaries-au-smic — Part des salariés rémunérés au SMIC : 11% en 2000, 17% en 2024
[36] Kaiser Family Foundation, « Employer Health Benefits Survey 2024 », https://www.kff.org/health-costs/report/2024-employer-health-benefits-survey/ — Coût moyen prime santé famille 2024 : 23 969 $ dont 6 296 $ à la charge du salarié
[37] FMI, « World Economic Outlook April 2017 — Understanding the Downward Trend in Labor Income Shares », https://www.imf.org/en/Publications/WEO/Issues/2017/04/04/world-economic-outlook-april-2017 — Déclin de la part du travail dans la valeur ajoutée dans les économies avancées, 1991–2014
[38] Autor David et al., « The Fall of the Labor Share and the Rise of Superstar Firms », https://doi.org/10.1093/qje/qjaa004 — Quarterly Journal of Economics, 2020 — corrélation entre concentration des marchés et déclin de la part salariale
Bibliographie et sources primaires
Institutions et bases de données
— Eurostat — Comptes nationaux, revenus des ménages, soldes publics : https://ec.europa.eu/eurostat
— FMI — World Economic Outlook Database : https://www.imf.org/en/Publications/WEO
— OCDE — Statistics on household income and wealth : https://stats.oecd.org
— BEA — Bureau of Economic Analysis : https://www.bea.gov
— NYU Stern — Damodaran Online, margins by sector : https://pages.stern.nyu.edu/~adamodar/
— ARCEP — Observatoire des marchés : https://www.arcep.fr
— FCC — Broadband Reports : https://www.fcc.gov
— Tax Justice Network — Corporate Tax Haven Index : https://taxjustice.net
Textes réglementaires européens
— Directive 2002/21/CE — Cadre réglementaire commun des réseaux et services de communications électroniques : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32002L0021
— Directive 2009/72/CE — Marché intérieur de l'électricité : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32009L0072
— Directive 2012/34/UE — Espace ferroviaire unique européen : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32012L0034
Travaux académiques et institutionnels
— Philippon Thomas, The Great Reversal — How America Gave Up on Free Markets, Harvard University Press, 2019 : https://www.hup.harvard.edu/books/9780674237544
— Zingales Luigi, A Capitalism for the People, Basic Books, 2012
— Tirole Jean, Economie du bien commun, PUF, 2016
— Autor David et al., The Fall of the Labor Share and the Rise of Superstar Firms, Quarterly Journal of Economics, 2020 : https://doi.org/10.1093/qje/qjaa004
— Cour des comptes — Rapport sur les finances publiques locales 2024 : https://www.ccomptes.fr
— Congressional Budget Office — Budget and Economic Outlook 2024-2034 : https://www.cbo.gov/publication/59946
— OCDE — Taxing Wages 2024 : https://www.oecd.org/tax/taxing-wages-20725124.htm
— Kaiser Family Foundation — Employer Health Benefits Survey 2024 : https://www.kff.org/health-costs/report/2024-employer-health-benefits-survey/
— DARES — Les salaries au SMIC, series longues : https://dares.travail-emploi.gouv.fr
Article publié sous licence DSE Review — Digital Synapse Exchange · Ollioules, France · 2026